GWILHERM BERTHOU-KERVERZIOU (G: B: K:)(UISSURIX)

Gwilherm Berthou-Kerverziou, Au Poellgor ("Conseil directeur") des débuts vint, après la guerre, se joindre G:B:K:, c'est-à-dire : barde Iactimagus, mais aussi druide Uissurix, qui naquit le 10 Mai 1908 à Paimpol. Ingénieur chimiste, et un temps, pharmacien à Guipavas, écrivain de talent, poète et celtisant remarquable, franc-maçon (il écrivit plusieurs articles dans Le Symbolisme), il fut rédacteur en chef d'Arvor, collaborateur des revues Gwalarn et Kad, fondateur du périodique Ogam et président des Amis de la Tradition Celtique. Ses recherches sur les anciens textes britonniques et gaéliques, leurs rapprochements avec les mythes indous, lui permirent de retrouver la Parole Perdue des Druides et en fit le restaurateur des rites de la K:G:. 

Écoutons sa voix, venue de Tir an Yaouankiz :

 "Sont enfuis les soirs glorieux du brûlant été,

voici venir Samonios et ses frimas ;

voici le jour précieux, pourtant, qui marie

l'éclat d'une estivade de lumière jaillissante

aux parfums des fraîches brises d'automne,

Ère pleine de grâce, prière désespérée,

terme et regret du monde avant que ne s'endorme

son gigantesque cœur, dans les bras des forêts nues,

ère aussi de bienvenue, annonciation cosmique

à la nuit qui descend paisible et sereine.

 

Toi qui viens par la sylve celtique, IOUINCOS,

libre comme ton corps, ton âme et ta pensée,

tu rejettes la défroque de tout espoir trompeur,

frêle et fort en croyance recréée,

sain comme ton vieux sol qui sent ton pas splendide,

encensé par le chêne et l'if et le bouleau.

 

Vois, c'est une pouliche qui boit à la rivière,

près d'une vasque où fanent les nénuphars ;

elle a foulé les roseaux secs en approchant.

La voilà, image d'une pure beauté qui perdure

l'été, l'hiver, immuable, immortelle, éternelle ...

Si pure en sa robe neigeuse,

si sûre en son noble maintien …

 

... T'en souvient-il ? Celtide n'était point que déjà nous étions,

dans la gloire matutine d'Andelitana,

et qu'à chaque renaissance,

de nous s'écaillait la folle vanité

et les ombres et les druides de notre volonté ;

nous revenions plus jeunes à chaque âge,

et plus sains et plus droits et plus purs peut-être

et gaiement nous goûtions la source de sapience

comme des papillons bienheureux de rosée "

 

G: B :K: s'en est allé, vers l'Éternité des Glorieux, le 14 mars 1951, à Rennes.