LITUS BELOTENNIAS 3888

Uisse Uidne Lugeue, Malami Tu !

HEZ 'ZO ? Hezh a zo !

Ecoutez, fidèles, la Leçon du Ciel.

LITUS BELOTENNIAS en vieux-celtique cette célébration que l’on nomme BELOTENNIA en celtique ancien et Lid Beldan en breton actuel, représente les "Rituel des Feux de Belios"..

Deux grandes fêtes marquent et rythment l’année celtique laquelle s’ouvre au dernier quartier lunaire suivant l’équinoxe d’automne, c’est-à-dire au commencement de la période obscure de l’année, cela étant conforme aux traditions cosmologiques et religieuses des druides, selon lesquelles toute existence est issue de la Mort. Il s’ensuit que Samonios, qui désigne cette fête, est le jour de l’An, ou mieux la "Nuit de l’An", et ce depuis nos plus lointains ancêtres.

La cérémonie de Belotennia, que nous célébrons aujourd’hui, est le pendant de Samonios en mode lumineux. Belotennia, forme celtique ancienne du nom de cette fête, plus connue sous sa forme bretonne Beldan,"Feu de Beli", est un temps de renouveau physique et spirituel. A cette époque de l’année s’achèvent les semailles de printemps, et le soleil - quand il y en a - annonce l’été qui s’avance.

Placé sous le signe du Feu, l’un des deux grands éléments de maîtrise du Monde, avec l’Eau, cette fête agraire et guerrière revêt un caractère solaire prononcé, caractère duquel on attend chaleur et luminescence pour faire lever les graines ensevelies et jaillir leur floraison de vie nouvelle.

Rayonnement solaire et énergie du feu font naître trop-plein de force et vigueur dans les reins des guerriers et des bêtes, et procure bonne croissance aux plantes.

Il est de règle à Belotennia de faire passer tout le bétail, richesse principale des Celtes, entre deux grands feux purificateurs afin de les préserver des maladies de l’année.

Le sacrifice rend la force végétative à la Terre, le rituel de la Vieille est identique à celui de la dernière gerbe.

Obligation est faite aux guerriers valides, de sauter par-dessus les brandons enflammés, afin de démontrer leur courage, leur vigueur et leur agilité. A l’esprit du feu est réclamé protection matérielle et efficace des champs et des vergers, des hommes et du bétail, à ses cendres ses vertus fertilisantes.

Rite propitiatoire et purificateur, le Feu, symbole terrestre de l’énergie à la fois terrible et bienfaisante comme l’est celle de l’astre du jour, rappelle que sous son aspect chaleureux et généreux à la fois, se dissimule également la Force secrète de sa radiance sans mesure, capable d’embraser les mondes sous son aspect solaire, brûlant, desséchant, stérilisant les terres les plus riches, engendrant les déserts, cette forme terrible et destructrice est contenue, nous devons le rappeler, dans le nom même de cette célébration, dont le patronage est attribué au dieu Beli, proprement "Celui qui tue", auquel s’ajoute le nom du feu Tentes, épithète laudative bien conforme à l’esprit des Anciens, pour désigner Celui dont tous les Celtes se savent issus.

L’ambiguïté de cette fête c’est pour nous ce qui doit être médité. Pas de naissance nouvelle si le grain ne meurt, pas de création sans destruction ; un jour, dit la sagesse druidique, l’eau et le feu l’emporteront sur le monde : cette double face de la Fête est à l’image du véritable aspect de l’univers. Etre conscient dans un premier temps de la dualité de notre monde, en accepter les contingences sans en être affecté, c’est un premier pas franchi vers une liberté certaine, pour une vie plus large, des récoltes plus vastes, une abondance de biens inégalable.

En allumant ce feu dont nous concevons à présent un peu mieux la double signification, en offrant à sa flamme avec nos actes, les prémices des récoltes, nous concilions tout ce qui paraît contradictoire.

Avec la lumière de ce feu et sous les doux rayons du soleil, abolissant toute nuit, nous ressentons la structure fondamentale de la gnose, et ce feu de Beli nous engage à méditer sur le thème de la mort-résurrection.