BIOGRAPHIE

MORVAN MARCHAL (ARTONOUIOS)

Morvan Marchal (en druidisme Artonouios ou Maen Nevez) naquit le 31 juillet 1900, à Vitré. Il fut, en 1919, entre autres titres de gloire, le créateur du journal Breiz Atao; il fut aussi l'inventeur du drapeau breton moderne. Morvan Marchal, proclamé aux Fonts de Barenton le 1er mai 1937, a été le premier Ri-Drevon ("Roi-Druide") de la Kredenn. Ce Gallo avait sublimé en Druidisme ses sentiments bretons et mué son catholicisme traditionnel en paganisme. Son idéal peut se retrouver dans le poème suivant dont il est l'auteur :

Souvent je songe à vous,
Dieux oubliés des Hommes vos temples sont détruits, et oubliés vos autels ;
Nulle Vierge d'Armor, ne vous offre le miel,
A l'arbre consacré, nul ne cueille la pomme.

Nul Breton dans son cœur douloureux, ne vous nomme,
Esus au front de chêne, Hu le Maître du Ciel,
Tarann ne forge plus de son rude martel,
Et la pierre debout porte la croix de Rome.

Jusqu'aux Iles d'Arann, jusqu'aux monts d'Arrée
L'implacable flot noir des prêtres tonsurés
Vous a chassé du sol dont vous étiez les maîtres.

Mais comme Arthur le Grand, gisant sous le Menez,
Peut-être, Dieux vivants et déchus, vous dormez,
N'attendant que l'amour des hommes pour renaître

Le paganisme authentique de Marchal lui faisait considérer l'Hindouisme comme un traditionnel prolongement, et la Franc-maçonnerie comme en étant un surgeon vigoureux et actuel.

Franc-maçon (de la Loge Volney du Grand Orient, à Laval) depuis le 1er mai 1938, Marchal associait étroitement ses activités maçonniques et druidiques. Il participa à Kad, mais aussi à Le Symbolisme du F:.M:. Lepage et aux illustrations de l'ouvrage La Symbolique maçonnique de Jules Boucher.

Pendant la guerre Morvan Marchal remplaça Kad – interdit par le gouvernement de Vichy – par la consistante revue Nemeton ("le Sanctuaire"), assisté par Berthou-Kerverziou.

Comme à beaucoup de patriotes bretons, 1945 lui apporta internement et tribunal d'exception; entre autres condamnations dites "accessoires" lui fut interdit l'exercice de son métier d'architecte. Mais, ce qui lui fut moralement plus grave, il se vit aussi interdire les portes du Grand Orient de France.

Une fin de vie plus que difficile s'ensuivit, et il s'en fut rejoindre le Uindomagos, l'Espace de la Terre d'Éternelle Jeunesse, en Avallon, le 16 août 1963.